Les produits cosmétiques bio et écologiques trouvent petit à petit leur place dans les rayons. S'agit t-il d'une véritable tendance de fond ou d’une tendance émergente ? Les Français semblent de plus en plus friands de ce type de produits. Pour autant, l’Observatoire E. Leclerc montre d’importants écarts selon le profil de consommateur.
Produits cosmétiques : un besoin de réassurance
« Mais pourquoi des phtalates dans mon produit ? C’est super dangereux ! ». « Il paraît que l’on peut devenir allergique à cause d’un parfum ? ». Ces interrogations sont le point de départ d’une série de six vidéos YouTube« #InfoCosmeto : Venez vérifiez par vous-même ». Mises en ligne à l’automne 2017 par la Fédération des Entreprises de Beauté (FEBEA), ces vidéos font partie d’une campagne digitale, « Démêlez le vrai du faux », lancée pour apporter des réponses aux questions que se posent les consommateurs quant aux ingrédients cosmétiques. La FEBEA précise qu’aujourd’hui, l’information qui circule peut être « contradictoire ou inexacte, et se diffuse à la vitesse du clic ». On peut par exemple y apprendre que seul le diethyl phtalate est utilisé en cosmétique et qu'il ne s'agit pas d'un perturbateur endocrinien. Ce sujet suscite de plus en plus d’intérêt chez les Français. En effet, le pic de recherche a triplé ces deux dernières années (Source : Google Trends). Pour répondre à ce besoin d’information, des sites spécialisés souhaitent apporter « la vérité sur les cosmétiques », et disent observer« en toute neutralité » ces produits de consommation. Ce qui témoigne d’une certaine inquiétude sur le sujet. Parallèlement, la cosmétique bio semble de plus en plus s’inscrire dans le quotidien des Français. C'est le cas aussi des produits de beauté faits maison, qui rejoignent plus globalement la grande tendance du Do-It-Yourself aux dépens du "prêt-à-consommer". Outre les nombreux blogs sur le sujet, ont émergé des ateliers « physiques » proposant des formations accélérées pour apprendre les bases du fait maison. Dans ce contexte, Pierre Bisseuil, du bureau de tendance Peclers, souligne dans Madame Le Figaro que : « il y a une aspiration aux cosmétiques transparents, dont on connaît les ingrédients».Les « Changeurs » aiment acheter des produits cosmétiques bio
Dans la pratique, on observe que cette tendance de société dessine bel et bien de nouvelles pratiques de consommation. Les professionnels de la cosmétique écologique et biologique constatent un fort développement de ces produits. D'après une étude de marché réalisée par « Bio à la une », le premier « Salon Bio surInternet », le label dédié « Cosmébio » aurait plus de notoriété que d’autres labels pourtant déjà très installés, comme "Fair Trade Max Havelaar" ou encore le "Label Rouge". Pour autant, selon les données de l’Observatoire, en France, seuls 27% des consommateurs achètent régulièrement des produits de beauté ou d’hygiène bio. Cette tendance est plus forte chez la famille de consommateurs nommés « Les Changeurs », connus pour leur engagement en faveur d’un mode de consommation responsable. 53% d’entre eux disent acheter régulièrement des produits cosmétiques bio, contre seulement 12% des consommateurs dits Prétendants ou Assiégés. L’achat de produits cosmétiques ou d’hygiène bio n’est donc pas encore une habitude partagée par tous les consommateurs. [insert page='1278' display='templates/content-visualisation.php']27%27% des Français achètent régulièrement des produits de beauté ou d’hygiène bio.