La crise de la Covid-19 a eu sur l’économie des pays touchés l’effet d’un ralentisseur. Le temps a été suspendu, les populations confinées, et l’impact de ces dernières sur l’environnement a diminué. Mais le virus a-t-il vraiment fait naître une nouvelle forme de conscience écologique, ou n’était-ce qu’une parenthèse temporaire ?
Si la Covid-19 circule toujours, de nombreux observateurs s’interrogent déjà sur l’après. À quoi ressemblera le monde post-coronavirus ? Le thème de l’écologie notamment, est récurrent. Cette pandémie a-t-elle induit à des changements de mentalité et des prises de conscience parmi la population française ?
Dans les pays les plus touchés, l’impact sur le changement climatique a été quasi-immédiat. Entre février et mars 2020, les émissions de CO2 ont chuté de près d’un quart en Chine - où la population était confinée - par rapport à la même période. D’autres pays forcés à tourner au ralenti ont observé des phénomènes similaires : le nord de l’Italie et les États-Unis ont ainsi enregistré[1] une baisse de la pollution atmosphérique dans leurs grandes villes. Les citoyens forcés à rester chez eux ont eu un impact globalement moindre sur la planète : ils ont moins consommé et surtout se sont moins déplacés.
Pour autant, ces derniers ne semblent pas avoir complètement rebattu les cartes. Au pic de l’épidémie en avril 2020, 76% des Français citaient le virus comme étant l’une de leurs trois préoccupations de vie principales, d’après une étude menée par Ipsos pour L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations. Le thème du changement climatique venait en seconde position, mais il n’était évoqué que par 33% des personnes interrogées.
Au mois de juin 2020, cette portion de la population est passée à 37% (+ 3 points), soit une évolution modérée par rapport au moment du pic de l’épidémie.