D’après l’Ademe, le gaspillage alimentaire représenterait chaque année en France 10 millions de tonnes de nourriture, soit en théorie 16 milliards d’euros. Face à ce constat, la France s’est engagée à réduire de moitié ce gâchis. Les pratiques semblent évoluer progressivement chez les distributeurs, les restaurateurs et les commerçants. Les Français se montrent également de plus en plus sensibles à cette question. Pour autant, le « doggy bag » semble boudé par la plupart d’entre eux.
Le doggy-bag… un désamour bien français ?
Le doggy… quoi ? En ouvrant plusieurs dictionnaires, le « doggy bag » ne semble pas encore être inscrit au vocabulaire des Français. Pourtant, le Larousse propose déjà une première définition : « sachet (ou boîte) que l'on propose aux clients dans les restaurants pour qu'ils emportent ce qu'ils n'ont pas consommé ». Si le doggy bag est régulièrement utilisé par les consommateurs Américains, nous sommes encore plus complexés sur le sujet en France. Comment expliquer cela ? « C’est culturel », affirmait en 2014 Bernard Boutboul, directeur général du cabinet spécialisé Gira Conseil, dans un article du site Le Point : « En France, on ne repart pas d'un restaurant avec ses restes, il y a une certaine gêne à le faire ». Le terme anglo-saxon, est lui aussi relativement neuf : il proviendrait, dans son usage courant, des années 1970. A cette époque, les magazines se demandaient s’il était dans l’usage de demander des « doggy bags », y compris pour ceux qui n’avait pas de chien à la maison… (Le mot anglais dog étant en effet à l’origine de l’expression). Le doggy bag devra t-il se refaire un nom pour séduire les Français ? [insert page='885' display='templates/content-visualisation.php']Les Français s’engagent contre le gaspillage alimentaire !
La loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, votée le 11 février 2016 fait un premier pas dans ce sens. Elle incite les restaurateurs à proposer le doggy bag, sans pour autant le nommer ainsi. Elle impose surtout aux distributeurs alimentaires de ne pas rendre volontairement impropre à la consommation leurs invendus. La lutte contre le gaspillage alimentaire apparaît de plus en plus présente dans les mœurs françaises, que ce soit sur le plan culturel ou juridique.Les résultats de l’Observatoire E. Leclerc des Nouvelles Consommations corroborent cette idée. Tout d’abord, les Français se montrent sensibles sur la question. Pour 45% d’entre eux, l’engagement pris par une marque du secteur alimentaire pour réduire le gaspillage est un élément important qui permet d’évaluer l'impact environnemental de cette marque. Ce chiffre apparaît comme particulièrement élevé, au regard d’autres critères qui apparaissent comme étant moins importants pour les Français. Par exemple seulement 14% d’entre eux jugent qu’il est important qu’une marque bénéficie de « points de vente plus écologique ». Au niveau individuel, 97% des Français affirment « faire de plus en plus sorte de ne pas gaspiller de la nourriture ». Cette proportion varie de 94% chez les Prétendants à 100% chez les Créactifs.100%des Changeurs estiment « faire de plus en plus sorte de ne pas gaspiller de la nourriture » dans leur quotidien.